SUD-KIVU : Un jeune pygmée décroche son diplôme de licence , découvrez ce jeune plein d’ambitions

ads

Parmi les communautés qui composent la province du Sud-Kivu, les peuples autochtones pygmées font partie. Ces  communautés vivent presque dans les huit territoires  que  compte le Sud-Kivu dans des  conditions souvent difficiles. Oubliés durant plusieurs  années, elles ont  pris conscience de leurs difficultés et ont commencé à faire scolariser leurs enfants. Un jeune pygmée  vient de défendre son  mémoire de fin de cycle. Son  travail porte sur « la trajectoire de survie des peuples autochtones de l’interland du Parc National de Kahuzi Biega, PNKB face aux enjeux du développement cas de Kabare Nord et Bitale ».

Iragi Mastaki  Pascal car c’est de lui qu’il s’agit,  vient de terminer ses études à l’ISDR Bukavu en licence année  académique 2018-2019. Pour terminer ses études, il lui a fallu  travailler sans relâche car il avait un objectif, celui de « porte parole de sa communauté ». Il devient ainsi un des premiers pygmées à décrocher  un diplôme de licence.

« J’ai commencé mes études primaires à l’EP Rwabika, l’école secondaire à Mushunguri. Ce sont  mes parents  qui payaient pour moi. Après mon diplôme d’Etat, la chefferie  de Kabare m’a pris en charge jusqu’au diplôme de graduat que j’ai eu avec 64%. Après ce diplôme, je suis resté à la maison pour finalement  bénéficier d’une aide  du parc National de Kahuzi Biega par l’entremise du projet ProRoute. Je viens de terminer mes études, je suis très content et ma communauté aussi », fait savoir Iragi Mastaki, la vingtaine.

Si aujourd’hui, Iragi a décroché son diplôme de licence, ce n’est pas  sans difficultés. Il a passé des moments difficiles dans la  ville de Bukavu où il a étudié. Ici il n’a ni frères ni amis.

«  Je suis arrivé seul à Bukavu. Je n’avais ni ami, ni frère. Il arrivait que je manque de quoi manger. On m’avait même plusieurs fois chassé du campus mais je tenais à mon objectif, celui de terminer mes études. Je demande aux petits frères pygmées de prendre mon cas comme un exemple. Les études sont une clef pour notre communauté. Beaucoup de gens s’enrichissent au nom des pygmées. Je  demande vraiment au PNKB et à d’autres partenaires d’aider les jeunes pygmées  à les scolarier. Je rêve compter dans notre communauté plusieurs intellectuels », estime Iragi avec un air souriant.

Avec son diplôme de licence, Iragi rêve être  l’interface entre ses congénères et toutes les organisations qui s’occupent de la question des pygmées. Pour lui, souvent les décisions en faveur ou en défaveur de pygmées sont prises à leur absence. Désormais, il pense qu’il a le niveau pour bien représenter sa communauté et pourquoi pas d’autres car, « je suis congolais », esquisse fièrement Iragi.

« Ce diplôme est un tremplin pour moi et pour toute la communauté. Je suis  à la recherche d’une bourse d’études pour continuer mes études. C’est aussi important que nous ayons des Masters et des docteurs dans la communauté », conclut Iragi en remerciant la chefferie de Kabare, le PNBK et ses parents sans lesquels il ne serait pas appelé licencié.

Pour rappel, avant même sa défense, Iragi Mastaki avait été présélectionné comme journaliste à la radio Gorrila FM. Pour lui, cet outil de communication est salutaire pour toutes les communautés,  en particulier les pygmées car, cette radio sera désormais la voix des pygmées   oubliés durant plusieurs années.

« GorrillaFM va permettre aux pygmées de  s’exprimer finalement. Des vieilles mamans pygmées auront cette fois  l’occasion de parler, de s’exprimer. Avant les pygmées n’avaient pas droit à la parole et les médias les avaient oubliés. Gorrila FM sera un  canal pour entendre les points de vue aussi des  pygmées », Conclut Iragi.

Thérèse Ahana

ads

Leave a Comment

Your email address will not be published.

ads

You may like

ads
In the news
Load More
ads