Sud-Kivu : Election des gouverneurs, Théo Ngwabidge un cobaye d’expérimentation du CACH/FCC

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La campagne électorale des gouverneurs et vice gouverneurs évoluent normalement dans la province du Sud-Kivu. Six candidats sont en lice pour remplacer Claude Nyamugabo ancien gouverneur récemment élu député national dans le territoire de Kabare. Parmi le six, il  y a un seul qui est soutenu par de hautes personnalités de la province vivant à Kinshasa notamment Vital Kamerhe, Néhémie Mwilanya, Marcellin Cishambo, Azarias Ruberwa, Martin Bitijula, Modeste Lukwebo, Francois Rubota et Cyprien Kyamusoke. Il s’agit de l’actuel Directeur de la Caisse National de Sécurité Sociale CNSS Théo Ngwabidje Kasi, membre de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo AFDC en sigle de Modeste Bahati Lukwebo. Certains analystes pensent que Théo Ngwabidje est un cobaye en expérimentation pour voir si la cohabitation CACH et FCC est possible. C’est aussi la position de l’autre candidat Justin Bitakwira. D’autres encore doute de l’indépendance de Théo Ngwabidje quant à la gestion de la province en pensant que cet économiste de formation aura plus tôt un compte à rendre à ses maitres qui l’ont nommé au lieu de servir sa population.

Durant la campagne qui a commencé depuis Samedi 6 Avril, les discours de tous les six  candidats à la tête du Sud-Kivu se sont beaucoup plus appesantis sur la bonne gouvernance. Il faut pourtant remarquer que certains qui prônent ce changement ont été à l’avant plan dans la gestion du pays qui est actuellement, selon plusieurs analystes, dans une situation calamiteuse.

Pouvons-nous compter sur ceux là qui ont créé le problème pour le résoudre ? Cette question est sur les lèvres de plusieurs habitants du Sud-Kivu.Certains analystes estiment que le nouveau  gouverneur devrait être un homme qui a l’amour de la nation pas une Mariotte à la solde de certains leaders  qui ont institutionnalisé la corruption et la mauvaise gouvernance avec l’ancien régime.

C’est dans ce sens qu’ils pensent que quoique soutenu par ces leaders politiques, Théo Ngwabidje ne saura pas se départir de ses parrains politiques qui n’ont pas fait montre de l’amour et booster le développement de leur province d’origine. Théo Ngwabidje n’est pas d’accord avec ces affirmations. Lors du lancement de la campagne le Samedi 06 Avril à l’assemblée provinciale, il a affirmé devant les honorables députés  qu’il sait ce qui l’attend et est disposé à travailler pour l’émergence du Sud-Kivu. « … il n’y aura pas de dicta… », a-t-il affirmé.

Parlant de ces leaders qui le soutiennent, certains analystes estiment qu’ils ne sont pas dignes  de revenir en province pour donner des leçons car ils ont été incapables de le faire durant plus de 18 ans. Ils expliquent en synthèse pour quoi ces leaders ne devraient pas se mêler dans les élections de gouverneurs.

Bahati Luwebo autorité morale de l’AFDC qui a échoué à l’élection des députés nationaux et élus avec brio aux sénatoriales est reproché d’être un népotiste qui réfléchi famille avant de réfléchir nation. Il l’accuse d’avoir proposé deux fois son frère comme premier suppléant respectivement à la députation nationale et aux sénatoriales. Ce  qui a crée des  frustrations au sein de sa famille politique. On l’accuse aussi d’avoir créé le CPCE dans lequel il a déversé toute sa famille, ce qui fait que ce service soit inutile en province.

Azarias Ruberwa Manuwa, ministre de la décentralisation   et reforme institutionnelle, plusieurs fois ministres il est aussi reproché, selon la lettre du député Mulimbalimba datée du mois de Mars 2019, d’avoir érigé en commune la cité de Minembwe au détriment de  Luvungi, Sange et Kiliba dans le territoire d’Uvira pourtant ce sont ces cités qui remplissent les conditions pour devenir des communes. Malgré le fait d’être plusieurs fois ministres, la province du Sud-Kivu et particulièrement son territoire d’origine n’a jamais été un havre de paix.

Pour Marcellin Chishambo qui a géré cette province plus de 8 ans l’a laissé avec des arriérés de salaires de plus de 14 au sein du gouvernement provincial, des routes délabrées, une insécurité chronique, bref une province par terre. Il avait même était contraint de quitter la province sans aucun document attestant sa démission et sous pression des députés provinciaux qui menaçaient de voter une motion de censure pour mauvaise gestion.

Pour Mwilanya, il a été depuis pendant plusieurs années l’œil et l’oreille du président Kabila, mais sa province d’origine a été oubliée dans toutes les actions du Rais. La simple promesse de Joseph Kabila de chauler l’ISP/Bukavu en est un exemple éloquent.

Ces analystes qui donnent ces points de vue estiment que le candidat soutenu par ces hautes personnalités de la vie politique congolaise est juste un candidat de la continuité. Ils demandent à Kamerhe de s’affranchir car il risque d’être avalé par ces  moutons qui  broutent la république. Le régime ayant changé, nombreux estiment que le nouveau Gouverneur devrait avoir des mains déliées en vue de  travailler pour la population et non subir les dictas de Kinshasa et s’appuient sur le slogan « le peuple d’abord », prôné par le président Tshisekedi.

Il faudra faire respecter l’article 3 de la constitution qui donne au gouverneur le droit  de faire une retenue à la source de 40% pour la gestion de la  province à défaut de quoi, il va quitter la province comme ses prédécesseurs avec des dettes des agents, des routes quasi inexistantes et des caisses de l’Etat trouées. C’est d’ailleurs la conclusion du chef des travaux Gervais Chira, invité  par la société civile Bureau de Coordination lors d’un débat public organisé avec les candidats gouverneurs et les députés provinciaux devant plusieurs habitants de la ville de Bukavu.

Dans un cas comme dans l’autre, l’on risquera de tomber dans les conclusions d’une enquête menée par l’Union pour la Solidarité Fraternelle U.S.F en sigle sur l’impact des élections de 2006 et 2011 dans le territoire de Kabare. Cette enquête démontre que les élections ne sont pas toujours une solution pour résoudre les problèmes  des populations mais il faut encore de la volonté politique de mieux servir ainsi que l’amour de la patrie.

Déboutrdc, rédaction de Kinshasa

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