SUD-KIVU : Dialogue d’Uvira,  l’hypocrisie des acteurs mis à rude épreuve

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Depuis quelques jours, un dialogue intercommunautaire se tient dans la ville d’Uvira à environ 30 Km au sud de la ville de Bukavu, province du Sud Kivu en RDC. Ce dialogue réunit les Baviras, les Bafuliru, les Banyindu et les Banyamulenges avec les autorités politico-administratives.  Pour certains analystes, ce dialogue n’a pas raison d’être car les dialogues n’ont rien apportés   en RDC à part récompenser certains notables tireurs des ficelles.

Pour Paulin Mulume, militants du mouvement citoyens « Il est temps », le gouvernement devrait s’assumer en imposant la paix. Pour lui, le dialogue  est devenu est cercle vicieux où les semeurs  des troubles se retrouvent sur la même table avec leurs victimes ; avec des tels dialogues, les bourreaux sont blanchis de toutes leurs fautes. Ce qui révolte les victimes qui, à leur tour cherchent  des moyens de défense. Cette façon de faire conduit toujours à des dialogues interminables, le nouveau président doit  s’affranchir.

«  Je n’ai jamais été contre le dialogue. Je suis un homme de dialogue. Mais le dialogue qui se tient à Uvira n’est pas opportun. L’ancien régime utilisait le dialogue pour se couvrir. Le nouveau régime devrait comprendre que le dialogue n’a rien produit de bon au peuple Congolais. C’est devenu un cercle vicieux. Certains notables tireurs de ficelles, entretiennent des milices pour qu’au finish ils soient sur une table de négociation. Ainsi, ils sont toujours récompensés », regrette Paulin Mulume.

Il regrette de voir que certains compatriotes prennent l’argent des ONGs qui soutiennent ces genres de dialogue et pourtant dans leurs pays d’origines, les gouvernements ne négocient pas  avec les terroristes.

Pour rappel, les communautés impliquées dans ce dialogue  restent à couteau tiré et le dialogue est loin de trouver une solution durable au problème de Fizi, Uvira et Mwenga malgré la signature d’un acte d’engagement. Leurs revendications divergent toujours.

Pour  les membres de la communauté des Bafuliru, ils exigent l’application de la loi numéro 15/015 du 25 Aout 2015 fixant les statuts des chefs coutumiers qui donne le pouvoir au Mwami de nommer le chef de groupement.

Si cette loi n’est pas appliquée, les Bafuliru veulent avoir la gestion  du groupement de Bijombo en territoire d’Uvira parce que, selon eux, ils sont les premiers occupants de ce groupement.

A travers ce cahier des charges, les Bafuliru exigent que soit mis fin à l’exclusion du Mufuliru dans les institutions tant nationales que provinciales.

Les Banyindu exigent la considération de la part d’autres communautés

Dans son mot, le représentant de la communauté des Banyindu a évoqué quatre points à la base des troubles. Il s’agit notamment du non-respect du chef de groupement à l’intérim de Bijombo Tete Amisi.

Il a également fustigé le mépris, le dédain, la méfiance de l’une des communautés à l’égard  du peuple des Banyindu. Comme recommandations, les Banyindu ont demandé la fin des tueries intempestives envers leur communauté mais exigent aussi le désarmement des groupes armés locaux et étrangers. Eux ont aussi ont plaidé pour la participation des jeunes Banyindu dans la gestion des institutions nationales et provinciales.

De son côté, le porte-parole des Baviras a déclaré qu’aucune concession ne peut être exigée au Muvira qui est victime de son hospitalité et de sa générosité. Le délégué des Baviras a plaidé pour la restauration de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue de l’entité afin de faire face à l’auto-prise en charge communautaire et la résurgence des groupes armés.

Les Babembe de leur côté ont critiqué les faveurs accordées à certaines communautés au détriment de la leur et ont plaidé pour l’implication de l’Etat dans le rétablissement de l’ordre dans la partie Sud de la province.

Enfin les Banyamulenge ont déclaré à travers leurs cahiers de charge n’avoir pas des conflits avec les communautés vivant dans les hauts plateaux de Fizi, Mwenga et Uvira.

Face à ce désaccord, il est donc difficile d’attendre une solution durable à l’issu de ces accises. Les autorités devraient s’assumer et rétablir l’autorité de l’Etat que de suivre l’idéologie des ONGs qui ont comme mission de satisfaire leurs bailleurs de fonds, conclut Mulume.

Thérèse Ahana

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