RDC: Mabunda expose l’assemblée nationale à une pression populaire (Aristide Bulakali)

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Le jeu qui se joue au palais du peuple, commence à lever le voile sur la mission confiée à Mme Mabunda.

Certains d’analystes politiques avaient rangé ses propos sur la RFI(quand elle parlait de la déchéance) dans le panier d’une simple volonté de respecter la constitution (totalement) dans son esprit et sa lettre.
D’autres y voyaient déjà un agenda caché.
Les plus optimistes y lisaient une forme d’intimidation.

Aujourd’hui, à la lumière du décor planté dans l’hémicycle le vendredi dernier, tout le monde est unanime: Le FCC se moque de sa coalition avec CACH, et s’inscrit dans une logique de rapport de forces.
Mais, c’est là toute l’erreur. Mieux: c’est le début de sa fin.

En effet, le FCC, mieux que quiconque sait que sa majorité au parlement n’est que factice. Elle est mécanique, fabriquée. Elle est tout simplement postiche. Nos compatriotes du FCC savent que leur machin ne repose sur aucun socle populaire. Et qu’il n’est qu’un business de M. Kabila avec une cinquantaine de caciques, conçu juste pour leur survie politique.

Point n’est besoin de revenir sur les insuffisances morales et les égarements des députés zélés du FCC, qui, “drogués” par l’écurie Kabila, et encouragés par Mme Mabunda, ont craché sur la constitution , croyant “diminuer” le Président Tshisekedi.
Des éminents juristes comme M. Lutundula, les professeurs André Mbata et Tshilumbayi, pour ne citer que ceux-là, ont démontré le caractère légal de l’acte du Président de la République, d’une part, et l’inconstitutionnalité des interventions des fous du roi du FCC dans l’hémicycle, d’autre part.

Ce qui retient mon attention, c’est plutôt le jeu suicidaire auquel se livre Mme Babunda, et le silence complaisant, voire même complice, de M. Kabund.

Pour faire court, je préfère dire à Madame Mabunda, qu’elle vient de faire prendre un risque énorme à sa plateforme politique, et qu’elle vient d’écourter son bail au perchoir du palais du peuple.
Je m’explique.

Je commencerai par une question bien simple: Sur qui pourrait compter Madame la présidente de l’Assemblée nationale s’il venait à l’esprit de sa formation d’envisager la déchéance du Président de la République?

Honnêtement, cette dame ne devra compter sur personne.
Cela pour des raisons évidentes suivantes:

1. S’il peut lui être facile de brandir la constitution et de fabriquer les griefs, il lui sera difficile de réunir le vote nécessaire pour un tel coup.
Cela pour une raison bien simple: Les quelques 340 députés et 80 sénateurs sur lesquels peuvent compter le FCC, ne leur sont pas totalement acquis. Beaucoup se greffent encore à cette formation puisqu’ils craignent encore une invalidation accidentelle (cour constitutionnelle) et d’autres attendent des nominations dans le gouvernement ou dans les entreprises publiques.
Dès que ces députés et sénateurs seront formellement confirmés par la cour constitutionnelle, et que les nominations seront passées, les calculateurs et frustrés feront tomber le masque, et dégaineront contre la kabilie. Ils ne manqueront pas à entrainer dans leur sillage tous les Fcciens, qui ont rejoint mécaniquement l’auberge.
Mes calculs m’amènent à plus ou moins la moitié du corps qui forme le FCC aujourd’hui qui n’hésitera pas à claquer la porte FCC.
*Moralité* : le FCC n’aura personne pour cette aventure.

La deuxième raison, c’est bien le contexte politique national et international.
Toute personne avisée sait pertinement bien que faire tomber un chef d’Etat, demande la conjugaison de beaucoup de facteurs internes et externes.
Ça dépend aussi de la crédibilité de celui qui initie la déchéance et ce qu’il offre en échange.

Partant de ces trois variables, je ne vois pas comment le FCC pourra déchoire un Président populaire au pays et un homme en qui la communauté internationale investit énormément pour un réel changement.
Que dire aussi si c’est le groupe politique que tout le monde tolère difficilement, qui initie la déchéance, et qui offre en échange un Kabila de triste mémoire?
*Moralité* : Voulant la déchéance de Félix Tshisekedi, le FCC activera sa disparition totale et tragique.

Imaginons un scénario.
Kingakati ordonne à ses députés et sénateurs d’activer l’article de la constitution relatif à la déchéance du Président de la République.
Deux possibilités s’offrent:

1. Avant qu’ils ne se réunissent au palais, 180 députés nationaux et 50 sénateurs traversent la rivière, et rejoignent CACH.

2. La nuit qui précède le jour de la session consacrée à la déchéance, les combattants udps et alliés, unc et tous les antikabila, hommes et femmes se déversent au palais du peuple. D’autres venant de l’intérieur du pays les rejoignent. Ils constituent des bataillons entiers de 2 millions de femmes, hommes, enfants et vieux avec matelas, couvertures, vouvouzelas , bidons d’essence et tonnes de cailloux.
Au même moment, les caciques du FCC sont encerclés par des foules immenses dans les quartiers.
Beaucoup d’autres congolais prennent la direction de Kingakati pour en découdre avec le génie du mal.
*Réaction politique immédiate* :Dissolution du parlement. Cap sur des nouvelles élections.

Ce scénario n’a rien de fictif. Il est inscrit dans la logique des choses. Il répond bien au casting monté à Kingakati, et dont Mabunda a commencé le déroulé vendredi dernier.

S’il me faut alors revenir sur le silence de M. Kabund.
Je ne m’empêche pas d’observer qu’il amène la base et les cadres de l’UDPS à s’interroger sur ce que sa présence au perchoir apportera au parti.
S’il est admis qu’il ne devait pas contredire ouvertement Madame la Présidente en live ou suspendre le débat, on se demande pourquoi il n’a pas protesté en quittant la salle ou en s’indignant par une déclaration juste après.
Est-ce la peur de perdre son poste?
Est-ce une passivité?.
Et si elle en est une, est-elle simplement coupable ou aussi complice?

Au regard de ce petit jeu d’apprenti sorcier auquel se livre la bande à M. Kabila, je recommande deux choses: Une à l’UDPS, et une autre au Premier vice président de l’Assemblée nationale.

1. Que l’UDPS mette sur pied une Assemblée nationale populaire constituée de 2 millions de personnes à Kinshasa, et de 500000 à 300000 dans les grandes villes des provinces, selon la taille de celles-ci.
Que ces derniers se tiennent prêts à déferler sur le palais du peuple ou sur les assemblées provinciales chaque fois que le FCC tentera une vilaine blague.

2. Que l’UDPS prépare toutes les forces vives ( toutes….,civiles et non civiles) à l’éventualité de la dissolution du parlement en mars 2020.

3. Que M.Kabund ait comme mission de travailler au renversement du rapport des forces au sein de l’Assemblée nationale. En termes clairs, qu’il s’emploie activement à amener au CACH 180 députés FCC. Ceci est l’indicateur sur base duquel il prouvera sa loyauté.
Faisons ceci, et la peur changera de camp.

Aristide BULAKALI

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