BUKAVU : Les pauvres n’ont plus droit d’enterrer leurs morts

Une nouvelle forme de spoliation du cimetière de la Ruzizi s’officialise. Désormais un cavo préconstruit est acheté à environ 750 dollars dans le cimetière de la Ruzizi dans la ville de Bukavu au Sud-Kivu. Les personnes démunies s’inquiètent  et estiment que l’association à qui on a donné ce marché risque de créer un monopole dans la vente des cavo. La société civile  se plaint et veut avoir des éclaircissements sur ce contrat.

 « Cette spoliation dans le cimetière fait parler d’elle-même. Nous vous informons que la fois passée nous étions au cimetière avec le ministre des affaires foncières qui est parti lui-même avec les acteurs de la société civile pour s’enquérir de la situation et a promis se prononcer là-dessus fort malheureusement il continue à garder silence. Nous nous sommes rendu compte qu’Il y a une entreprise qui est en train de construire des tombes au prix de 750$ par tombe. Les démunis n’ont plus droit d’aller enterrer leurs morts ? », s’interroge  David Cikuru président de la société civile Noyau d’Ibanda.

Pour le maire de la ville, le cimetière de la Ruzizi n’a pas été vendu. Dans une interview exclusive, Meschack Ulengabo fait savoir  que la partie concernée est réservée aux nantis et que les procédures d’enterrement  restent de mise  pour d’autres  parties du cimetière.

« Nous n’avons pas vendu le cimetière telle que les disent certaines mauvaises langues. C’est plutôt la commune d’Ibanda qui a pris des conventions avec une association de Goma dénommée MAKAO pour y construire de tombes VIP appelés CAVO. Cette association construit des tombes qu’elle vend auprès de certaines personnes qui ont leur moyens et qui seraient pressées par le temps et soit ne peuvent pas attendre longtemps. Chaque Cavo est vendu à 650$ dont 100$ affecté à la taxe de la commune ». Et d’ajouter : « Nous voulons apporter une précision, le Cavo ne viennent pas remplacer d’autre tombes ordinaires, toute personne qui vient enterrer à Ruzizi y accède sans complication et on ne lui fait payer rien si pas venir présenter la lettre du chef de Quartier ».

Quant à la gestion de cet argent et les procédures de passation des marchés de la vente de ces cavos, ni le maire ni le bourgmestre de la commune d’Banda n’ont pas apporté des éclaircissements à nos questions. Nous apprenons des sources sures que désormais pour construire une tombe d’un proche ou la réhabilité en dur, seule l’association Makao peut le faire ce qui frustre certaines personnes.

Patrick Babwine

 

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